« Faire participer l’internaute »

Relais sur le Web de la seule chaîne pornographique en France, XXL.tv entend poursuivre son développement en donnant la parole au public. Rencontre avec le webmaster du site.
Quelle est l’importance du X pour le groupe AB ?
C’est pas tellement le X qui est important, mais plutôt la marque XXL.
En fait, AB a créé cette chaîne avec un nom très générique qui s’est
imposé comme une marque. Beaucoup de monde dans la rue identifie la
chaîne XXL. Les gens ne savent pas toujours que ça appartient
au groupe AB, mais ils savent qu’il y a un contenu pornographique. Le
but c’est de s’appuyer sur la marque comme on peut s’appuyer sur RTL9, NT1, Manga, AB Moteurs, AB1,
qui sont aussi de grosses marques du groupe. Donc c’est vrai que la
pornographie à proprement parler n’a pas une place très importante chez
AB, mais la chaîne XXL occupe une place grandissante car c’est la seule chaîne officielle pornographique en France.
Comment se positionne le site par rapport à la chaîne ?
Le premier objectif du site, c’est de donner de la visibilité à la chaîne. C'est-à-dire informer le téléspectateur sur les programmes, savoir quelles sont les émissions, les films ou les séries grâce à la grille des programmes, à des bandes-annonces, à des synopsis… Le second aspect, c’est de constituer un plus dans l’interaction entre l’internaute et la chaîne. On offre des services comme de la VOD ou des Web TV sur différentes thématiques, mais aussi des photos, des vidéos...
Le public du site est-il le même que celui de la chaîne ?
Le site internet possède son propre public. Je ne connais pas trop les audiences de la chaîne, mais sur le site on tourne à 200 000 VU/mois et on espère bien augmenter ça. Sur le site internet, même si on a un public proche de celui de la chaîne, c'est-à-dire masculin et entre 20 et 40 ans, on a davantage de jeunes du fait de l’Internet. Donc on est plus proche de 18 ans pour la partie basse de la fourchette. On propose aussi plus de choses sur le Net à destination du public féminin. Au final, on va retrouver peut-être 50 % des téléspectateurs de la chaîne sur le site web et le reste, ce sont plutôt des personnes qui viennent voir sur le site ce qui se passe sur la chaîne.
Cette conquête du public féminin, comment se passe-t-elle ?
Il y a un véritable marché à développer. C’est vrai que le milieu du X jusqu’à présent était très orienté mecs, alors que depuis un moment, il y a un public féminin. XXL veut s’adresser à un public très large, que ce soient des hommes, des femmes, des lesbiennes, des gays… Même ce côté-là, XXL souhaite le développer. On veut vraiment faire du 360° et s’adresser à tous les publics, notamment en faisant des soirées spéciales. Après, le spectateur peut faire un retour à travers le site internet, nous dire ce qu’il a aimé et ce qui lui a moins plu. Nous on est à l’écoute des téléspectateurs et des internautes. On veut faire participer le plus possible l’internaute et même les mettre à l’antenne. Par exemple à travers un casting XXL, ou tout simplement en leur proposant de poster leurs vidéos amateurs dont la meilleure serait élue par un jury puis mise à l’antenne. Ce sont des idées qu’on aimerait développer.
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« On protège le contenu »
Aujourd’hui, qu’est-ce que le public vient chercher sur le site XXL.tv ?
Avant tout du contenu. Des films, de la vidéo, des photos. Ensuite, c’est vrai qu’on ne propose pour l’instant que ça sur le site. Ceci dit, on proposera bientôt plus d’interactivité donc là ce sera plus participatif. Par exemple avec l’idée des castings, surtout que ça offrira une grande visibilité que simplement le Web car on parle d’une chaîne TV diffusée sur tous les distributeurs (satellite, FAI…). Pour le moment, il vient juste pour une recherche de contenu et d’information, mais on espère pouvoir bientôt lui donner le côté interactif et participatif. Nous, on sera là en qualité de relais entre la chaîne et l’internaute.
Pour résumer, quelles sont les offres actuelles ?
Il y a de la VOD, de la WebTV, on a la chaîne qui est diffusée actuellement en direct sur le site internet, on est en train de voir pour diffuser la chaîne 24h/24 tout en gardant l’autorisation CSA au niveau de la TV pour une diffusion entre 22h30 et 3h du matin. Après on a de la vidéo et des photos.
C’est un contenu qui est disponible uniquement en streaming ?
Oui, on ne peut rien télécharger. Pour l’instant, on protège le contenu. Peut-être qu’à l’avenir on pourra télécharger le contenu, les vidéos, mais ça ce n’est pas trop d’actualité pour l’instant.
Ce contenu vidéo est-il le même que sur la chaîne ?
En VOD on retrouve effectivement les mêmes programmes sur la chaîne et sur le web, mais c’est tout simplement parce que lorsqu’on négocie les droits TV, on négocie aussi les droits VOD. Par contre, pour ce qui est des Web TV, ce sont des contenus qui peuvent se retrouver ou non sur la chaîne. Certains restent sur le web comme le contenu amateur par exemple. On est en train de différencier les deux.
Quel est le volume de programmes sur le web ?
On essaye de faire des boucles de six heures sur les web tv pour que ça tourne de manière régulière. Et le contenu est rafraîchi environ une fois par semaine.
« On peut toujours faire mieux »
Vous parliez de récupérer les droits, ça veut dire qu’il n’y a aucun projet de production au sein du groupe AB ?
Non, en production X, il n’y a rien de propre à AB. C’est vrai qu’on essaye de développer des projets, mais en termes de production, on n’en fait pas du tout. Et le groupe est plus dans une logique d’achat de catalogue et de diffusion que dans une logique de production.
La volonté de développer toutes ces offres en ligne, est-ce un signe que le X à la TV n’a pas forcément beaucoup d’avenir ?
C’est pas que le X à la TV n’a pas forcément beaucoup d’avenir, c’est plutôt qu’il y a beaucoup d’offres actuellement sur le Net. Si on veut du X aujourd’hui, on va sur le web et on en trouve gratuitement. Le métier d’AB, c’est la TV payante. Pour que l’internaute paye pour voir du X, il faut que ça l’intéresse. Il faut que le contenu qu’on propose ne se retrouve pas sur tous les autres sites internet et il faut surtout qu’il y ait un plus, des nouveaux projets, des nouveaux concepts. Et faire participer l’internaute au site et ensuite à la chaîne, ça peut attirer beaucoup de monde.
Cette qualité repose surtout sur la marque XXL ?
Jusqu’en juillet dernier, on s’est beaucoup reposé sur la marque XXL, mais aujourd’hui avec le nouveau site, on veut être le garant de cette qualité. C'est-à-dire qu’on montre des bandes annonces des films diffusés à l’antenne, les gens qui s’abonnent pour voir nos vidéos, la VOD ou la chaîne sont plutôt satisfaits, on n’a pas trop de retours négatifs par mail ou par message. Après on peut toujours mieux faire. On fonctionne un peu à la manière d’une start-up. On est un groupe audiovisuel, mais on ne veut pas faire les mêmes erreurs que par le passé. C'est-à-dire qu’on ne va pas investir toutes nos billes là-dedans. Aujourd’hui on développe, on développe, on développe et si ça marche, on développe encore plus, là il y aura quelque chose à faire. Si ça ne marche pas, au moins aura essayé, mais on aura perdu plus de temps que d’argent. Donc on préfère adopter cette vision des choses car ça nous permet de trouver plus d’idées et on n’est pas à attendre qu’un chèque soit signé pour avancer.
Propos recueillis par Thomas Musat pour Hotvideo.fr
Paru le 5 janvier 2010
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