« Aucun sponsor n'aurait parié
sur nous avant Porn.fr »
Derrière son statut de réalisateur, Al Arash est l'homme à tout faire de Swipp, le studio qu’il a monté avec Enola Sugar. Il revient sur l’aventure du Porntour, l’une des grandes réussites web de l’année 2009, ainsi que les quelques difficultés inhérentes au créneau des débutantes.
Comment est né ce concept ?
Nous avions envie Enola Sugar et moi, de créer un concept itinérant à l'américaine. Au départ, nous avions prévu de le faire en Airstream ou en pick-up, mais nous avons rationalisé le concept en prenant une vielle
muscle car américaine qui plombait moins le budget de départ. Nous souhaitions surtout amener un peu de fun et de jeunesse dans l'esprit des
road trips que je connaissais bien du fait de mon expérience dans les sports extrêmes.
Pourquoi vous êtes-vous lancés dans le créneau des débutantes ?
Pour la fraîcheur tout simplement ! Et parce que c'est un gros challenge, nous ne voulions pas tomber dans la facilité ! Et de ce point de vue, nous sommes servis ! Les débutantes c'est super, mais ça n'a quasiment que des mauvais côtés au niveau de la logistique. Nous essuyons de nombreux plantages et devons faire face à beaucoup de soucis d'ordre social.
Vous avez récemment fait signer un contrat d’exclusivité à Gabrielle Neva et Emmanuelle Fox. N’est-ce pas un gros challenge que d’avoir des filles sous contrat quand on est dans votre créneau ?
Si, mais nous avons l'habitude des challenges ! L'échec ne nous fait plus peur, nous sommes souvent passés par là. De plus, le créneau "débutante" est exclusif au
Porntour, mais
Swipp travaille sur de la réalisation classique et des nouveaux projets qui correspondent à la "starisation".
« Jouer carte sur table »
Le créneau des débutantes implique un gros besoin de renouvellement. Comment opère Swipp alors qu’il y a une sérieuse concurrence en France dans l’amateur et la découverte de perles rares ?
Enola et moi sommes constamment à la recherche de ces perles rares. Nous exploitions toutes les possibilités légales de communication pour attirer nos futures actrices. Mais au niveau du discours, il est important de ne pas mentir et de jouer carte sur table. Nous ne promettons donc rien de spécial et expliquons précisément l'état du marché. Nous offrons une sécurité et une totale transparence sur la création du contenu, les cachets, la santé, la gestion d'image...
Comment faire pour que ces débutantes fassent justement une carrière et ne se contentent pas de leur première scène chez Swipp ?
On leur dit juste de bien réfléchir à leur image et à quoi elles aspirent. Si elles le font pour gagner du fric facilement pendant deux mois, dans ce cas on ne peut rien pour elles. Par contre, si elles ont une carrière en tête, dans ce cas nous les mettons en relation avec la presse et nos connaissances que l'ont sait sérieuses, notamment à l'étranger. On leur fait aussi découvrir tous les avantages financiers dont elles peuvent bénéficier et que bon nombre de collègues préfèrent taire...
Vous faites aussi tourner des filles plus connues comme Lou Charmelle ou des actrices étrangères, pourquoi ?
Simplement pour donner un peu de travail aux actrices, nous n'avons pas besoin d'elles pour vendre, mais on participe à l'économie locale (rires) ! Et puis beaucoup d'entre elles souhaitaient faire du vrai gonzo et étaient obligées de s'expatrier pour ça, ce qui n'est plus le cas.
« Offrir ce que les tubes ne proposent pas »
Du fait de l’absence globale de stars, est-ce un produit qui est moins exposé à la diffusion gratuite en p2p ou via les tubes ?
Non c'est identique, nous sommes déjà un peu partout, c'est la rançon du succès et je ne crache pas contre cela. C'est à nous de trouver les parades, ça ne sert à rien de pleurer et se plaindre sans cesse. Évoluons !
De quelle manière par exemple ?
D'une façon légale il faut faire la chasse au gratuit en faisant des procès systématiques même si ça n'aboutit jamais. On montre au moins que ces méthodes sont illégales. C'est comme si je volais le pain du boulanger et mettais un étal devant sa boutique pour offrir son pain en prenant de l'argent sur l'emballage publicitaire des pains. Commercialement parlant, il faut fidéliser les clients en offrant des choses que les tubes ne proposent pas comme l’aspect communautaire ou les goodies. Les tubes ne prennent pas non plus TOUT le contenu et au final, en diffusant une vidéo gratuite du
Porntour, ils nous apportent un trafic important ! Le tout est d'avoir un contenu avec une véritable marque de fabrique, comme le fait John B. Root ou nous-mêmes.
Le charme français a plutôt bonne réputation à l’étranger, cela se retrouve-t-il dans votre public ?
Notre public est à 90 % francophone. C’est un choix que nous avons fait. Et nous préparons tranquillement l'export.
Quelle est la fréquentation du site ?
Elle est stable à 50/60000 visiteurs par jours, mais la V.3 qui arrive courant janvier 2010 va booster ce chiffre.
Pour connaître ce type de réussite, faut-il obligatoirement être producteur de son contenu ?
Non, pas forcement. Bien au contraire même, il vaut mieux acheter des licences pour pas trop cher et bien travailler sur le plan commercial que faire du bon contenu seul dans son coin... Là nous avons les deux, donc tout va bien pour nous, mais nous sommes une exception, aucun sponsor n'aurait parié sur nous avant
Porn.fr ! Et c'est tant pis pour eux.
Par Thomas Musat pour Hotvideo.fr
Paru le 23 décembre 2009
Découvrez le site du
Porntour
Al Arash et Enola Sugar, les fondateurs de Swipp
Enola cadre sous la bienveillance d'Al Arash
Al Arash, très concentré
Enola Sugar et Al Arash, Hot d'Or 2009 du Meilleur Réalisateur pro-am français