« C'est l'authenticité
qui attire le public vers l’amateur »
Spécialisé dans le contenu amateur du fait d’une certaine affinité pour le genre, Jean est à la tête de la plate-forme Lien-amateur.org
et développe un réseau grandissant de webmasters affiliés à notre
programme. En parallèle il propose aussi son savoir-faire, sa charte
qualité et la synergie de son réseau à des couples amateurs possédant
déjà un site et à des productions au label amateur.
Quel est ton parcours sur le web ?
Je suis tombé dans ce
métier complètement par hasard, il y a un peu plus de 10 ans. À
l'époque, j'étais salarié dans un tout autre domaine, un boulot pas
franchement palpitant. Le soir et le week-end, je décompressais en me
prenant de passion pour mon ordi, avec la vague idée de « changer de
vie ». Le Web n'était pas encore très développé, la technique non plus
et les outils étaient accessibles à tous. Du moins, il était facile de
créer un site web sans avoir de grandes connaissances en programmation.
Tout était très artisanal, amateur et intuitif. Au fil du temps, j'ai
du m'entourer de compétences extérieures (développeurs, graphistes,
etc.), pour me concentrer sur ce qui reste, à mon avis, la base du
métier de webmaster, à savoir le commercial (ce qui inclut le
référencement), en y apportant aussi ma petite touche « artistique »,
mon feeling, pour essayer d'innover, de trouver de nouveaux concepts.
Tout cela dans un cadre de plus en plus large, puisque qu'aujourd'hui,
nous proposons tous nos contenus sur un programme d'affiliation.
Comment t’es-tu retrouvé dans l’amateurisme ?
Tout
simplement parce que je suis moi-même issu du milieu dit libertin (ou
amateur) et marié à une femme qui a été longtemps une des amatrices
parmi les plus connues du Web (CarolineOse). C'est en créant son site
que j'ai commencé à mettre les pieds dans cet engrenage. Par la suite,
comme le site fonctionnait bien, d'autres personnes, couples libertins
ou amatrices, sont venus me contacter. De par ma position, je pouvais
facilement comprendre les attentes et exigences de ces couples, ça m'a
permis de développer de bons rapports avec eux dès le départ, de
construire sur des bases solides, et le bouche à oreille a fait le
reste. Aujourd'hui, si je reste centré sur ce créneau, c'est surtout
parce que je le connais plutôt bien, et que je suis convaincu qu'il
reste encore beaucoup à faire.
« LA niche la plus recherchée par les internautes sur le Web »
Faut-il voir dans ce créneau une niche comme une autre ?
Statistiquement,
c'est LA niche la plus recherchée par les internautes sur le Web. En
réalité ce n'est pas vraiment une niche, mais un marché à part entière,
qui se décline en de multiples catégories. Il y a des amatrices jeunes,
des matures, des bimbos, des Asiatiques, des grosses, des maigres, des
exhibitionnistes, des fétichistes... Le seul dénominateur commun, c'est
que ces filles ne sont pas des professionnelles. Lorsqu'elles ont un
site web, elles ne sont pas payées à la scène, mais touchent un
pourcentage sur les abonnements ou revenus publicitaires de leur site.
Elles ne peuvent donc pas savoir à l'avance si ce qu'elles font plaira
ou pas au public, ni même si elles gagneront de l'argent. De sorte
qu'elles tournent avant tout pour leur plaisir. C'est ce plaisir, cette
authenticité, que l'internaute recherche quand il tape « sexe amateur »
sur un moteur de recherche. Ensuite, l'emballage (le site, les moyens
techniques) peuvent être plus ou moins professionnels, du moment qu'ils
contribuent à bien retranscrire l'authenticité des scènes.
Justement, les sites de ton réseau ont souvent une apparence très
pro. Est-ce que cela signifie que le public ne cherche pas un
amateurisme complet mais juste des filles qui ne sont pas pros ?
Il existe une contrainte évidente déjà, c’est que nous devons montrer à
nos visiteurs qu'ils peuvent payer en toute confiance sur nos sites,
qu'ils ne tomberont pas dans une arnaque. C'est une exigence de qualité
et de professionnalisme, qui peut sembler un peu antinomique avec la
niche « amateur » mais elle est nécessaire pour la crédibilité des
sites. Entre pro et amateur, je cherche surtout le juste milieu. Nous
faisons des sites propres, mais sobres, sans fioritures excessives,
avec des femmes belles et naturelles. Pour certains, amateur signifie
des filles moches et vergéturées, filmées au caméscope VHS sous une
lumière blafarde. J'ai envie de montrer une autre facette de l'amateur,
dans le sens noble du terme, en revenant aux fondamentaux, puisque ce
mot est censé définir d'abord une personne passionnée par ce qu'elle
fait. Les amatrices sont naturellement belles, comme le sont la plupart
des femmes de la rue d'ailleurs, surtout quand elles sont filmées par
la caméra et l'œil amoureux de leur mari ou compagnon. Elles ont toutes
du charme et de la grâce naturelle, mais on ne cherche pas à gommer
leurs petits défauts. Et visiblement, cela plaît au public.
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Tu parles de naturel, mais on retrouve les mêmes catégories de
vidéos que dans les sites de vidéos à l’américaine. Qu’est-ce qui
attire le public vers l’amateur ?
La demande évolue, l'époque de l'internaute qui s'émoustillait sur une
amatrice montrant ses seins dans sa salle de bains est révolue, il faut
varier les situations, transgresser les interdits (exhibs publiques par
exemple) ou proposer du contenu très hard (vidéos de gangbang, etc.).
Le visiteur a besoin de fantasmer sur des situations qui le ramènent à
la vie réelle. Une partouze avec sa boulangère, sautée dans l'arrière
boutique par cinq quidams, ou sa chef de service décoiffée dans les
ateliers par une bande d'ouvriers, voilà des scènes qui lui permettent
de s'identifier aux personnages et ça le fait beaucoup plus fantasmer
que de voir une pornstar en prises avec un hardeur bodybuildé, filmés
sous une lumière parfaite. Je pense que c'est surtout l'authenticité
qui attire le public vers l’amateur, le côté plaisir réel et cela peut
être décliné dans toutes les catégories traditionnelles. Cela dit, on
cherche aussi à présenter nos contenus selon de nouvelles thématiques,
mais ce n'est pas forcément évident car l'internaute est maintenant
habitué à certains codes sur le Web. Lui proposer les choses
différemment, c'est prendre le risque qu'il ne se sente pas à l'aise
lorsqu'il visite nos sites pour la première fois.
« Un site connaît ses meilleures ventes dans les 2-3 premières années »
Les carrières des actrices X sont généralement assez courtes, le phénomène est-il similaire dans l’amateurisme ?
Non, c'est très différent, les amatrices ayant une notoriété moindre,
on les voit moins et elles s'usent probablement moins vite que les
stars du X. Je connais au moins une demi-douzaine d'amatrices
françaises présentes sur le Web depuis dix ans et plus, alors que ce
phénomène est rarissime pour les actrices. Les sites évoluent au fil de
la vie des amatrices, ce sont un peu des « tranches de vie », ce qui
plaît d'ailleurs assez aux internautes car ils mesurent ainsi
l'évolution de la fille et ont le sentiment de faire partie de sa vie
privée. Cela dit, les sites amateurs qui ne tiennent pas longtemps sont
aussi légion. La plupart du temps, cela tient à une motivation mal
évaluée au départ.
Donc il existe un grand besoin de renouvellement des amatrices ?
Oui, forcément, l'internaute reste très friand de nouveautés. Un site
connaît ses meilleures ventes dans les 2-3 premières années. Ensuite,
une certaine clientèle va s'attacher et rester fidèle assez longtemps,
puisque certaines amatrices sont en place depuis bien plus longtemps
que ça, quand elles savent aussi se renouveler dans leur contenu, mais
on n'empêchera jamais le besoin et la curiosité ressentis de découvrir
du sang neuf.
As-tu déjà travaillé avec des actrices désireuses de percer dans le X par la suite ?
Oui,
en 2004, avec mon associé de l'époque, nous avons découvert Doudou, une
jeune libertine pour qui nous avons crée un site. Très rapidement, vu
ses performances, les contacts professionnels ont afflués et c'est
ainsi qu'elle a démarré une carrière d'actrice X, sous le nom de Laura
Lorenza. Après une incursion dans le porno pro, elle est finalement
assez vite revenue se consacrer exclusivement à son site amateur. Nous
travaillons aussi avec Angie Kiss, sur un site dédié à la facette
libertine de sa personnalité. Mais j'ai rarement été confronté au cas
d'une amatrice souhaitant créer un site en tant que tremplin pour
travailler ensuite dans le X. En général ce sont, au contraire, des
femmes ou des couples, qui souhaitent pimenter leur vie sexuelle,
arrondir leurs fins de mois, s'amuser, tout en gardant la maîtrise de
leur image, sans se surexposer ni entrer dans un système peut-être trop
contraignant à leurs yeux.
« Nos contraintes sont exactement les mêmes que les sites de stars du X »
Tu dis que les amatrices cherchent à arrondir leur fin de mois mais
le montant des abonnements n’est pas très éloigné de ceux des sites de
stars du X. Cela ne constitue-t-il pas un frein pour le public ?
Sans doute que le montant des abonnements rebute certains visiteurs,
mais nos contraintes sont exactement les mêmes que les sites de stars
du X. Mêmes coûts d'hébergement, mêmes TVA et taxes à payer, mêmes
charges et impôts, car site amateur ne veut pas dire que les revenus
sont encaissés au black, mêmes contraintes techniques aussi. Les
amatrices ont, certes, des carrières souvent plus longues que les stars
du X (un site web qui perdure pendant 5 ou 10 ans, n'est pas rare),
mais elles n'ont que leur site. À contrario, les stars du X peuvent
monétiser leur notoriété bien au delà de ça. Par ailleurs, tous nos
sites étant proposés en affiliation, c'est déjà plus de la moitié des
recettes qui sont engouffrées dans la rémunération des différents
intermédiaires partenaires. Au final, si cela ne leur permet que
d'acheter une nouvelle petite culotte sexy chaque mois, on peut
comprendre que ce n'est guère motivant, d'autant qu'elles consacrent
aussi du temps à leurs fans, en répondant aux e-mails, notamment.
Du fait de l’absence de grandes stars, est-ce qu’il s’agit d’un
contenu moins exposé à la diffusion gratuite en p2p ou via les tubes ?
Nous sommes, comme tous les autres acteurs du marché, touchés par le
piratage, mais certainement dans une bien moindre mesure que les plus
gros du secteur. Effectivement, cela tient à notre faible notoriété.
Sur un tube ou dans le p2p, un internaute va chercher du contenu
amateur comme il chercherait du contenu estampillé Katsuni ou Dorcel,
donc ce n'est pas le contenu d'une production amateur qui est visé en
particulier. Mais sans être directement piratés, on souffre, de la même
manière, de la concurrence déloyale des sites de streaming vidéos, vis
à vis des internautes qui ne se préoccupent ni du caractère exclusif du
contenu, ni de sa qualité.
Avec la réputation des Français à l’étranger en matière d’amour,
est-ce qu’un contenu amateur 100 % français est un produit séduisant à
l’exportation ?
Pour l'instant, j'avoue ne pas avoir beaucoup exploité le potentiel des
amatrices à l'international. Je n'y crois qu'à moitié car il y a tout
de même 2 contraintes majeures. La première et que la niche amatrice
existe dans tous les pays du monde et, comme cette niche joue sur la
proximité, je pense peu probable qu'un internaute mexicain, par
exemple, soit, en règle général, plus attiré par une amatrice française
que par une amatrice mexicaine. Les sites de live-show internationaux
tendent d'ailleurs à confirmer cette théorie. La seconde contrainte est
la barrière linguistique. Postsynchroniser ou sous-titrer une vidéo
n'est sans doute pas très intéressant ni très rentable. Je pense que
les Françaises peuvent avoir une carte à jouer sur la
French touch
quand elles s'exportent dans des productions étrangères, comme le font
certaines stars du X, mais j'ai bien peur que le X amateur français
doive se cantonner à un marché franco-français. Cela dit, nous avons
des clients dans le monde entier, mais cela reste relativement
marginal.
Découvrez le site :
Lien-Amateur.org
Propos recueillis par Thomas Musat pour Hotvideo.fr
Paru le 25 novembre 2009
Libertines2france.com, un site majeur pour les amateurs
Le gangbang est très répandu chez les amateurs...
...tout comme l'exhibitionisme